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 La Mémoire du FSAS 2003
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 > La mémoire du FSAS 2004


ATELIER FONCIER / HABITAT
Compte-rendu par Vanessa Picard (Confédération Paysanne 05)

Animateurs de l'atelier : Olivier Bel, Pierre Messina






> Foncier à usage agricole
Olivier Bel - Eleveur ovin, Confédération Paysanne 05

Dans un contexte de spéculation foncière, il semble important de mettre en avant une réelle reconnaissance des usages de la terre.

La diminution des actifs agricoles pour cause d’agrandissements n’est pas inéluctable. L’enjeu est moins l’acquisition de la terre que la gestion de son usage si nous voulons parvenir au maintien d’une agriculture paysanne.

La notion de propriété (un ensemble de droits plus ou moins importants sur un espace et ses ressources) dit intégrer des devoirs sur cet espace et ses ressources. Est-il socialement légitime que les droits collectifs soient fragilisés face aux droits individuels ?

Face au droit de propriété, on peut faire valoir d’autres droits collectifs :
  • droit d’avoir des voisins
  • droit au paysage
  • droit au terroir
  • droit à l’installation  des jeunes paysans et autres paysans

La surface moyenne par exploitation a doublé, et il y a de moins en moins d’exploitation. Nous sommes dans une logique d’agrandissements (que l’on appelle professionnalisation).  Les exploitations sont de plus en plus difficilement transmissibles et sont déstructurées. Les outils ont complètement occulté les droits d’usage. L’acquisition du foncier a diminué les usages.

La SAFER, (société d’aménagement foncier et d’établissement rural) a élargi ses compétences. A l’origine sa vocation était exclusivement agricole puis elle s’est ouverte à tout le domaine rural. On ne doit pas figer l’agriculture à la propriété. Au départ la safer devait veiller au respect d’un certain type d’usage. Aujourd’hui, on voit «des apporteurs de capitaux » à terme l’utilisation du foncier se privatise.

Nos départements sont devenus des départements de détente. Comment arrive-t-on à une utilisation collective de foncier ? Le fait est que tout le monde souhaite un grand terrain avec une maison…

Le foncier agricole ne concerne pas que les agriculteurs, par exemple les alpages (communaux) sont sujets aux multi usages. Une réflexion commune est nécessaire pour éviter les conflits d’usages.




> Les documents d’urbanisme
Pierre Messina, Élu, Mairie de Forcalquier, PCF

Les espaces ruraux sont en profonde mutation. Le phénomène de rurbanisation se développe. La pression due au tourisme entraîne des problèmes au niveau de la maîtrise du foncier. La question du logement social est également très importante. Avec la pression extérieure, les « gens d’ici » ne peuvent plus se loger. Exemple sur Forcalquier, il faut compter entre 700 et 900 F du m2 pour un terrain.

La question du logement social date de longtemps. Cela touche les ménages les plus pauvres mais également les ménages aux revenus faibles et moyens. Ces couches ont beaucoup de difficultés pour le loger. Par exemple, à Manosque 50% des travailleurs manosquins n’habitent pas la ville.

Selon l’INSEE : 3 millions de mal logés en France, et pourtant il y a 600 000 logements en moins et une liste d’attente pour les HLM de 1.3 Millions de personnes.

Il y a 8% de régression du budget pour le logement social. Pour 2005, il y a une hausse prévue de 3%  (6,25 milliards). Ce coup de pouce ne vient pas réparer les autres années, d’autant qu’un autre problème vient se greffer, celui de la décentralisation, avec des différences entre départements « pauvres » et « riches ».

2 millions de logements vacants en France et pourtant le droit au logement est inscrit dans la loi…

S’il y a des outils comme le PLU pour gérer le foncier, il faut que les citoyens s’y investissent et suivent les décisions. L’avantage du PLU est qu’il trace la visibilité d’une municipalité pour les transports, la construction… Ces questions sont en débat entre la pression des prix, volonté de la commune de préempter  du terrain pour ne pas laisser la spéculation envahir les communes.

L’intérêt du PLU : la commune peut préempter un terrain en définissant la finalité. Cependant il faut prendre en compte le fait que les municipalités ne veulent pas se mettre à dos les propriétaires… le taux de rotation est faible et même les ménages à revenus moyen ne peuvent plus accéder à la propriété. Avant il y avait une aide à la pierre, tandis qu’aujourd’hui, ce sont des aides à la personne (ex : les APL) ce qui a conduit à la hausse des prix.

Les communes ont la possibilité avec le SCOT et le PLU de maîtriser le foncier. La commune peut acheter du terrain et faire des prix raisonnables et revendre selon des critères sociaux. Mais rien n’oblige le préfet à dire aux communes de construire du logement social.

Les PLU ne sont en général pas encore votés, que peut-on faire pour que les élus tiennent leur parole ? Il ne faut pas hésiter à demander le débat. Les PLU sont publics. L’élu ne doit pas prendre de décision seul, car il y a souvent une coupure entre ce que vive les élus et les citoyens.

Le problème du foncier se heurte souvent à la propriété privée. Chaque personne veut vendre son bien au meilleur prix.  Et même des municipalités jouent le jeu de la spéculation. On le voit dans le 04 avec le projet ITER, où certaines communes ne veulent rien construire pour l’instant et attendent l’arrivée des ingénieurs pour faire des logements plus élevés.




> Logements sociaux et logements des saisonniers
Jean-Claude Eyraud - CGT 05

Dans le 05, il manque 1 500 logements sociaux. En 2004, l’OPAC devait faire 40 logements sociaux, en réalité elle en a fait seulement 10 et pourtant il ne manque pas d’argent dans cet office…. Mais cet argent est amassé et il n’y a pas de construction ! Il faut plus de transparence au niveau des PLU, l’idéal serait une cartographie départementale des PLU, ainsi chacun pourrait voir quelle commune a fait des réserves foncières et comment…

Aujourd’hui un combat sur les logements saisonniers est  mené et commence à aboutir à des résultats, par le biais de convention, car il ne faut pas oublier qu’il existe de nombreux outils à destination des communes. Dans le 05, il y a environ 125 000 habitant et 300 000 chambres proposées à la location saisonnière ! Environ 10 à 20 % de cette masse de location est vide 12 mois sur 12… Pour lutter contre cela, il n’y a qu’une loi avec une taxe pour obliger les propriétaires à louer qui pourrait avoir un impact… il manque pourtant 2000 places pour les travailleurs saisonniers. 64% de ces 2000 se logent à plus de 50km de leur travail.




> Débat


Ce problème du foncier doit être rattaché à un aspect national et même international. La mondialisation impose un certain nombre de marque comme le profit, la spéculation, résultat d’un aménagement cohérent depuis des années. Les municipalités mêmes lorsqu’elles se lancent dans la construction de logements sociaux font le plus souvent le minimum légal. Au dessous, il y a des taxes pour les municipalités, taxes qui sont trop basses pour avoir un impact positif,  ce qui fait que souvent les municipalités préfèrent payer les amendes que construire. Cette amende devrait être augmentée.

Pour trouver des solutions, il faut qu’il y est une convergence entre la politique nationale (avec des moyens financiers derrière) et local (une volonté politique pour construire des logements sociaux). Les citoyens doivent entrer dans les instances décisionnaires et être nombreux pour avoir un impact sur ces décisions.

Les Prêts Locatifs Sociaux, destinés à des salaires moyens et supérieurs. Les communes se lancent juste dans ce type de logement. Elles se donnent souvent bonne conscience alors que les bénéficiaires sont de revenus supérieurs à ceux des HLM.

Construire oui, mais pourquoi pas réhabiliter ? Il existe des dispositifs de rénovation de logements sociaux, pourquoi ne pas les utiliser ? D’autant que le modèle proposé de villa individuelle avec terrain autour est un gros mangeur d’espace. On est dans un état d’esprit où tout ce qui est élevé est mauvais. Pourtant l’habitat collectif est quelque chose qui peut être réussi. Mais attention à ne pas déplacer les problèmes. Exemple dans les Pyrénées –Orientales,  où à proximité de Perpignan ont été construit des logements sociaux et où il y a actuellement de réels problèmes de cohabitation. Les élus ont déplacé le problème de la ville de Perpignan dans une campagne rurale. D’autant que faire des logements sociaux  sans un développement économique n’est pas viable. Dans le Dévoluy, une commune a fait du logement social mais il n’y pas de travail sur place et donc pas de permanent.

Si 65% des gens peuvent avoir droit à un HLM, 50 % des français veulent vivre dans une maison individuelle.

Si les communes ont des outils pour installer des paysans : les fermes relais, les réserves foncières, il est également important de signaler que pour les maires des petites communes de montagne ce n’est pas toujours facile de choisir le type de développement souhaité pour sa commune : favoriser l’agriculture de montagne ou bien favoriser le construction et le développement économique ?

Le manque de compétences…. Un exemple, c’est seulement au bout de 3 mois de travail sur un projet d’aménagement avec la safer que les acteurs locaux se sont aperçu que la zone travaillée était ND. Si les bureaux d’études sont là pour répondre à certaines questions techniques, il y a certaines questions et problématiques qui leurs échappent comme la réforme de la PAC et l’évolution de l’agriculture.

On peut regretter qu’il n’y ait plus de grand projet d’aménagement mais uniquement du saupoudrage avec des petites propositions. C’est le cas notamment dans les chartes de pays qui sont actuellement rédigées. En outre, les projets n’étant pas systématiquement financés (les élus doivent d’abord travailler sur des projets, puis l’état décide de financer ou pas) ce qui peut conduire à freiner les élans…

Et le transport ? 28 millions de véhicules en France, 200 milliards de tonnes de marchandises transportées chaque année.
  • TGV : SNCF
  • TER : conseil régional
  • Bus interurbains : conseil général
  • Transport scolaire : conseil général

La faible densité de nos deux départements est perçue comme une qualité de vie mais c’est également le triomphe de la voiture. Le coût des transports en communs diffère d’un département à un autre. Il y a de vrais problèmes de transport dans nos départements. Il y a des lignes déficitaires mais qui font partie du service public. Les transports urbains pourraient être élargi aux communes alentours. Ceci sont des revendications de population vive dans nos départements toute l’année. A l’inverse, les résidences secondaires ne demandent rien, ni transport, ni école… et c’est pour cela qu’elles sont les bienvenues !




> Propositions

  • une cartographie de tous les PLU
  • faire un inventaire des territoires par cantons des territoires à protéger
  • augmenter les amendes à destination de mairies qui ne sont au-dessous du seuil légal de logements sociaux
  • inciter fiscalement les propriétaires à louer à l’année les logements vacants ou à destination saisonnières
  • assister aux conseils municipaux et aux réunions PLU





 

 
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