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 > Précarité

Intervention de Colette Bienvenu (Femmes Solidaires 04) lors du l'atelier du 20 septembre 2003 :

" Il y aura toujours quelqu'un de plus pauvre que l'homme le plus pauvre, c'est sa femme..."

Avec seulement quelques chiffres, on peut se rendre compte des discriminations que subissent les femmes dans le monde du travail et qui font dire qu' " il y aura toujours quelqu'un de plus pauvre que l'homme le plus pauvre, c'est sa femme " … et quand je cite cette phrase, une réponse apparaît déjà …quand on évoque la notion de propriété " SA ".

  • 80% des salariés qui gagnent moins que le SMIG sont des femmes.
  • 85% des salariés à temps partiel sont des femmes.
  • Désormais 3 femmes sur 10 travaillent à temps partiel, (30% des femmes qui travaillent),
  • pourtant plus de la moitié des femmes souhaiteraient travailler à temps plein.
  • A travail et diplôme égal, les hommes gagnent en moyenne 20 à 25% de plus que les femmes.
  • Les femmes représentent 45% de la population active et plus de la moitié des chômeurs.

    Sources INSEE

Dans nos départements, et en particulier dans les Alpes de Haute Provence, ce sont elles qui ont un taux de chômage plus fort que celui des hommes 16.5% contre 11.2% pour les hommes.

En ce qui concerne les emplois précaires, ce sont elles qui sont le plus touchées :

  • Sur les 16.2% d'emplois précaires du département des Alpes de Haute Provence, 15.6% des femmes en occupent un contre 12.3% des hommes.
  • Les Hautes Alpes se distinguent par un nombre plus élevé d'emplois précaires en raison du fort taux de CDD lié à l'activité touristique d'hiver et d'été.

On retrouve cette analyse avec le nouveau " profil " des bénéficiaires du RMI sur le département des Alpes de Haute Provence qui, s'ils étaient au départ représentés par des personnes seules sans enfants et de sexe masculin, se trouvent représentés en plus grosse proportion par des familles monoparentales, femmes seules avec enfants.

A l'identique, les emplois aidés (contrats emploi solidarité, emplois jeunes, contrats initiative emploi, contrats de qualification ..) sont tenus par les femmes en 1999 à hauteur de 2 contre 1 pour les hommes dans les Alpes de Haute Provence.

Et ces emplois aidés ne sont qu'une partie des temps partiels imposés aux femmes, qui les occupent à 85%.

Ces temps partiels pour qui la loi permet des réductions importantes de charges sociales patronales (30%) Réductions qui profitent à qui ? toujours au même patronat.

Pourquoi cette situation :

  • à cause de la société patriarcale créée historiquement par la propriété privée, les femmes à la maison et les hommes au travail
  • au nom de la rentabilité, de la flexibilité, des lois du marché qui vont appeler les femmes au travail, on le voit bien en cas de guerres où elles sont appelées à remplacer les hommes pour faire fonctionner l'économie du pays, économie du pays qui ne sert qu'à engraisser les plus riches …
  • à cause du chômage volontairement entretenu par le patronat pour garder une main d'œuvre docile, pour pouvoir délocaliser à volonté et moins payer les travailleurs .

Quant à l'entrée dans la vie active des jeunes femmes, malgré l'allongement des études pour celles ci, qui explique dans le département des Alpes de Haute Provence un taux d'activité à 17 ans pour les hommes de 11% contre 5% pour les femmes. Que dire du taux d'activité à 24 ans de 88% pour les hommes et 76% pour les femmes ? N'y a t'il pas une discrimination à l'embauche ?

Sur quoi est basée cette discrimination à l'embauche ?

Les entreprises ont elles peur du peu de disponibilité des femmes en raison de la prise en charge, traditionnelle, enfin qu'on veut nous imposer traditionnellement au sein de la famille, des enfants, des tâches ménagères … ? Pourtant, que n'acceptent elles pas pour le droit au travail :

  • Temps partiel justement, dans les grandes surfaces en particulier, avec des horaires inadaptés au rôle de mère que la société leur donne.
  • Temps partiel encore dans des cliniques, librement choisi cette fois pour concilier vie professionnelle et vie familiale et elles voient ce temps partiel librement choisi avec des horaires adaptés à la garde de leurs enfants se transformer en temps partiel imposé par l'employeur avec des horaires incompatibles avec une garde d'enfants, et je vous parle d'une clinique du 04.
  • Temps partiel, encore et toujours, dans les petits commerces et les grands bien sur, mais avec travail le samedi (c'est le jour de la semaine où il y a le plus de clients …).
  • Et si on va voir du coté de l'Europe, 49% des salariées européennes déclarent travailler le samedi et 24% le dimanche au moins une fois par mois.
  • Car il faut bien dire aussi que les femmes de l'Union Européenne ne sont pas mieux loties que dans les Alpes de Haute Provence ou en France (elles sont plus de 80% des bas salaires en Allemagne, au Royaume Uni, aux Pays Bas et en Autriche). Elles gagnent en moyenne 25% de moins que les hommes.
  • Le travail à temps partiel a une ampleur inégalée en Grande Bretagne 55% suivi des Pays Bas et de l'Allemagne de l'Ouest.

 

Si une inégalité est flagrante devant le travail, que dire de la retraite ?

Il a été estimé à 650 euros le montant auquel s'élève ou plutôt se réduit la moyenne actuelle des pensions de retraite des femmes.

Elles disposent donc de 42% de moins que les retraites des hommes, qui ne sont déjà pas bien lourdes. L'INSEE qui publie ses statistiques en juillet 2002 explique cette différence par des carrières souvent brèves et moins bien rémunérées pour les femmes. On s'en serait doutées …

Que dire par rapport à cette situation, quand on sait dans le département des Alpes de Haute Provence que 6 personnes de 75 ans et plus sur 10 sont des femmes ?

Quelles réponses apporter à tout cela si ce n'est les propositions du mouvement des femmes d'un projet global de société équitable et égalitaire pour tout le monde, avec une meilleure répartition des richesses, une société sans violences et sans guerres, une reconnaissance et une prise en charge du travail domestique (qu'il soit masculin ou féminin) par la société.

Nous n'avons que faire de tous les appareils ménagers censés libérer les femmes s'ils ne servent qu'à glorifier la société de consommation.

Ce sont les femmes aussi qui apportent des solutions d'économie solidaire parce qu'elles ont l'habitude de se débrouiller pour " faire bouillir la marmite ".

On peut citer sur nos départements des associations comme le Point Rencontre ici à Château-Arnoux où elles mettent en commun leurs expériences, leur savoir-faire et se battent contre la précarité qui leur est faite.

Mais, il faut bien reconnaître que malgré toutes les bonnes déclarations d'intention, ce sont elles qui assument à ce jour les tâches domestiques et la garde des enfants et qui de ce fait n'ont pas l'accès au travail, surtout quand elles sont seules à s'occuper de leurs enfants, le nombre de familles monoparentales, on le sait est en augmentation ...

Alors qu'on constate sur nos départements une insuffisance d'accueil des 2 ans à l'école maternelle (la moitié des 2 ans sont scolarisés sur le 04 en 1999) et une pénurie des modes de garde : il y a sur le 04 8 crèches municipales, 3 crèches associatives, et 26 crèches parentales qui accueillent 9% des enfants concernés.

Ce sont la garde collective d'enfants conçue pour un épanouissement en société, l'accueil en école maternelle des 2 ans qui sont des outils à ce jour pour permettre aux femmes d'accéder à l'emploi et d'ainsi lutter contre la précarité économique.

D'autant que ces modes de garde, s'ils sont conçus pour un épanouissement collectif, réclament des personnels qualifiés et en grand nombre. Et qui dit personnel qualifié dit accès à la formation, ce qui est un autre débat.

Mais encore une fois, on ne pourra pas résoudre le problème de l'emploi des femmes, dans nos départements, en France, en Europe et dans le monde si on ne pose pas celui de la garde collective des enfants et du partage des tâches, partage lié à une autre conception de la société, car un autre monde est possible.

Des cotisations sociales réduites

Un abattement de 30% sur la part patronale des cotisations sociales (assurances sociales, accident du travail, prestations familiales) pouvait être accordé, sous certaines conditions, à l'employeur qui recrutait des salariés à temps partiel.

Supprimée le 31 décembre 2000 pour les entreprises de plus de 20 salariés, le 31 décembre 2002 pour les autres entreprises, cette aide est en revanche maintenue pour les contrats de travail qui y ouvraient droit avant le :


> 1er janvier 2000 dans les entreprises de plus de 20 salariés,
> 1er janvier 2002 pour les autres entreprises.

L'allègement de cotisations patronales de sécurité sociale

L'objectif ? Alléger le coût du travail par une réduction des cotisations patronales de sécurité sociale jusqu'à 1,7 fois le SMIC. Applicable depuis le 1er juillet 2003, ce dispositif opère la fusion de la réduction dégressive sur les bas salaires et de l'allègement " 35 heures ".


Qui est concerné ? Les employeurs :

  • assujettis à l'Unédic et soumis au régime général de la sécurité sociale (sauf les particuliers employeurs) ;
  • relevant de régimes spéciaux de la sécurité sociale (marins, mines, clercs et employés de notaires) ;
  • de salariés agricoles.

Ces employeurs peuvent bénéficier de l'allègement pour tout salarié dont la rémunération horaire est inférieure à 1,7 fois le SMIC, quelle que soit la durée du travail appliquée (salarié à temps partiel très réduit, cadre sous forfait jour, VRP…).

Quelles sont les caractéristiques ? Un allègement des cotisations patronales

Les employeurs bénéficient, pour les salaires compris entre le SMIC et 1,7 SMIC, d'un allègement sur les cotisations patronales suivantes :

  • assurances sociales (maladie, maternité, invalidité, décès, vieillesse) ;
  • accident du travail et maladies professionnelles ;
  • allocations familiales.

Pour les entreprises bénéficiant de l'allègement " 35 heures " au 30 juin 2003, la réduction maximum est applicable dès le 1er juillet 2003, soit 26% du salaire au niveau de la GMR 2 avec une dégressivité applicable jusqu'à 1,7 fois cette GMR 2.

Pour les autres entreprises la réduction s'applique progressivement pour atteindre son maximum au 1er juillet 2005.

Application progressive de la réduction

Des cumuls possibles avec d'autres aides

Cet allègement est cumulable avec :

  • l'aide incitative à la réduction du temps de travail (loi Aubry I) ;
  • le contrat jeune en entreprise ;
  • la réduction portant sur l'avantage en nature dans les hôtels, cafés, restaurants.

Jusqu'au 30 juin 2005, l'allègement est également cumulable avec :

  • l'abattement de 30 % des cotisations patronales sur la rémunération d'un salarié à temps partiel.
  • l'aide incitative à la réduction du temps de travail prévue par la loi "de Robien".

Populations concernées  04  05  PACA  France
Emplois précaires
des 15 ans et plus
 16.2  18.9  14  14
Chômage des hommes
20/59 ans
 11.2  7.4  15.1  10.8
Chômage des femmes
25/59 ans
 16.5  11.4  20  15
 Familles monoparentales  11.9  12.3  14.9  12.3
 Jeunes de
15/24 ans
Hommes 10.8
Femmes 9.5
     



 

 
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