ATELIER "EDUCATION"
Document Ligue de l'enseignement
> Pour
l'école que nous voulons, oui à un véritable
débat démocratique !
Une déclaration
de l'Assemblée générale de la Ligue de l'enseignement
réunie à Troyes, le 22 juin 2003
Une fois de plus, l'École
est à la une de l'actualité, illustrant à
nouveau, si besoin est, combien la question scolaire se trouve
au cur des préoccupations de notre société.
La Ligue de l'enseignement,
mouvement laïque d'éducation populaire et association
éducative complémentaire de l'enseignement public,
réaffirme ses choix :
- La politique publique d'éducation
et de formation initiales, à laquelle prennent part les
collectivités territoriales et les associations, doit
reposer sur un service public fondé sur la laïcité,
la justice sociale et la lutte contre les inégalités
territoriales et les discriminations.
- L'Ecole doit garantir, pour
tous les enfants et les jeunes, des acquisitions culturelles
exigeantes, y compris dans les domaines technologiques et professionnels.
Ces acquisitions doivent leur permettre de se comprendre, de
comprendre le monde et de s'y insérer socialement et professionnellement.
- L'Ecole, de la maternelle au
lycée, et au minimum jusqu'à la fin du collège,
a l'obligation d'accueillir tous les enfants et les jeunes, tels
qu'ils sont aujourd'hui, dans la diversité de leurs conditions,
de leurs cultures, sans nostalgie des élèves d'hier.
Elle doit leur permettre d'acquérir une culture commune
qui intégre la dimension européenne.
- Les objectifs et le fonctionnement
du système scolaire doivent être liés à
un véritable droit à la formation tout au long
de la vie.
- L'innovation et l'engagement,
présents dans les pratiques d'un grand nombre d'équipes
éducatives, doivent être reconnus et valorisés.
- L'Ecole doit être plus
audacieuse dans l'éducation à la citoyenneté
et plus coopérative dans son fonctionnement.
- L'Ecole peut d'autant mieux
remplir ses missions qu'elle s'ouvre plus encore à ses
partenaires, notamment aux associations éducatives complémentaires
de l'enseignement public.
Or, les choix budgétaires,
les mesures et les méthodes du gouvernement ont créé
une situation qui a abouti à un blocage rendant impossible
l'indispensable débat pour les nécessaires évolutions
de l'École afin qu'elle devienne réellement démocratique.
La Ligue de l'Enseignement, au
nom de l'intérêt de tous les élèves,
s'est déclarée solidaire des actions revendicatives
conduites depuis le début de l'année scolaire.
Mais, si ce contexte a révélé un grand désarroi
des personnels de l'éducation nationale ainsi que leur
profond attachement aux principes qui fondent le service public,
il a en même temps masqué les vraies questions de
fond, voire de grandes divergences.
C'est, entre autres pour cela,
qu'un véritable débat public national est urgent
et nécessaire afin de préciser ce que notre pays
attend de son Ecole.
La Ligue de l'enseignement,
depuis trois ans, invite au débat public sur l'École
dans son appel " L'École que nous voulons ".
Elle décide de lui donner
encore plus d'ampleur : en menant ses propres initiatives, en
s'associant à d'autres acteurs de l'Ecole et en participant
à part entière à celles qui seraient conduites
par les pouvoirs publics dans ce domaine.
Ce débat doit avoir comme
objectif premier, en faisant la part des acquis et des échecs
de notre Ecole, de la faire progresser pour que tous les enfants
et les adolescents, en priorité ceux des milieux populaires,
quelles que soient leurs origines, s'y sentent chez eux et y
réussissent.
Mais plutôt que de se
précipiter dans la préparation d'une nouvelle loi
d'orientation sur l'éducation, la Ligue de l'Enseignement
demande :
- que ce débat prenne comme
cadre de référence, sans la caricaturer, la loi
d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, loi
de la République, et le bilan circonstancié de
son application. Par exemple, qu'en est-il de la mise en place
des cycles à l'école primaire, des missions du
collège, de la concrétisation de l'objectif de
conduire l'ensemble de chaque classe d'âge au niveau du
CAP ou du BEP et 80 % au niveau du baccalauréat ou encore
de la réalisation effective de la transmission des savoirs
en mettant l'élève au centre du système
éducatif ?
- que ce même débat
soit ouvert à tous les acteurs concernés, les personnels,
les parents, les élus nationaux et locaux, les acteurs
sociaux, économiques et associatifs, les jeunes et les
étudiants,
- qu'il ait lieu au plus près
du terrain et mobilise les moyens d'information, tout particulièrement
ceux de service public,
- enfin qu'il permette, par le
temps qui lui sera donné et la méthode employée,
l'exposé clair de propositions dont la diversité,
voire les aspects opposés, seront justement la garantie
d'un véritable débat de fond et de choix qui refusent
le conservatisme, les idées toutes faites et l'immobilisme.
Voilà quelques lignes
directrices pour que ce débat soit véritablement
l'affaire de tous, sans démagogie, ni tromperie, ni illusion
d'un ordre ancien qui ne ferait que renforcer les inégalités
de toute nature.
Pour ce qui la concerne, la Ligue
de l'enseignement est déjà engagée dans
l'action et le débat avec son réseau associatif
qui accompagne au quotidien l'École et avec ses espaces
locaux " pour l'École de tous ".
C'est donc par l'action et
le débat démocratique que La Ligue de l'enseignement
entend prendre toute sa place dans les choix que notre société
doit être amenée à faire pour sa jeunesse
et son avenir.
* Si vous souhaitez participer, faire part de réflexions, contributions,
questions à débattre, merci d'adresser un mail
aux animateurs de l'étape préparatoire à
la tenue de l'atelier ou a fsas-infos@ras.eu.org
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